14
novembre 2018

Aix-Marseille-Provence : Jean-Claude Gaudin passe la main

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Le passage de témoin était programmé avant 2020. Mais pas aussi tôt. Confirmant les bruits qui courraient dans le microcosme politique depuis cet été, Jean-Claude Gaudin a annoncé qu’il quittait la présidence de la métropole Aix-Marseille-Provence ce 4 septembre. Le maire (LR) de Marseille, qui ne briguera pas de cinquième mandat à la barre de la municipalité, a d’abord invoqué des raisons personnelles pour justifier ce départ anticipé : "j'ai le sentiment du devoir accompli. En deux ans et demi, j’ai fait adopter trois budgets et voté plus de 4 315 délibérations et 1 545 arrêtés. La métropole est irréversible et en ordre de marche. Mais l’âge est là [il aura 79 ans dans un mois, ndlr]. Je ne veux pas être la prochaine victime du dégagisme qui saisit l’opinion en ce moment", a-il expliqué lors d’une conférence de presse au siège d’AMP.

Pour lui succéder, l’édile phocéen avance un nom : celui de Martine Vassal, la présidente (LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. L'élue marseillaise, à qui il a mis le pied à l’étrier en politique en l’intégrant sur sa liste aux municipales de 2001, serait "la mieux placée pour mener à bien la fusion département-métropole que souhaite engager le gouvernement". L’arrivée de cette femme de 56 ans venue du monde de l’entreprise à la barre de l’EPCI est aussi perçue comme un moyen pour le baron de la droite marseillaise de préparer sa succession à la mairie. Sans véritable dauphin attitré, le bal des prétendants a commencé dans les rangs des Républicains. Durant dix-huit mois, Martine Vassal aura le temps de prouver son leadership et sa maîtrise de l’art de nouer un consensus politique. Deux vertus qui pourraient lui ouvrir la voie vers l’hôtel de ville en 2020.

Son arrivée est en tout cas perçue d’un très bon œil par Maryse Joissains, la pétaradante maire (LR) d’Aix-en-Provence, qui n’a jamais caché son hostilité à la création de cette institution qu’elle qualifie de "monstropole" (sic). 

Sur le plan institutionnel, la démission de Jean-Claude Gaudin ouvre une parenthèse de quelques semaines. Après l’officialisation de la démission du président par le préfet (attendue pour la fin de la semaine), Martine Vassal assurera l’intérim d’AMP en tant que première vice-présidente. Le conseil métropolitain aura alors quinze jours pour se réunir et procéder à l’élection de son nouvel exécutif (le bureau de 27 membres dont les 20 vice-présidents, plus les présidents des six conseils de territoire). Sur le plan de l’administration en revanche, le changement est annoncé : fidèle parmi les fidèles du démissionnaire, Jean-Claude Gondard devrait lâcher la direction générale des services de la métropole pour se replier sur la mairie. Un départ qui marquera également la fin d’une époque pour les 7 200 agents de l’EPCI.

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