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Europacity, version 2, a été présenté à la presse (cf. p. 5) comme un "quartier ouvert sur son environnement". Un quartier sans habitant donc, constitué principalement de parcs à thème, de commerces, d’hôtels et de lieux de divertissement. Non, Europacity n’est pas un quartier, c’est un parc d’attractions. Peu importe que l’on soit pour ou contre l’artificialisation de 300 hectares de terres agricoles ou que l’on doute du nombre d’emplois créés (estimés à 10 000 environ). Avant de pouvoir prendre parti, il convient de définir précisément de quoi l’on parle. En l’occurrence d’un complexe touristique qui vise 30 millions de visiteurs par an, et non d’un nouveau morceau de ville. Selon Thierry Lajoie, p-dg de Grand Paris Aménagement, Europacity 2.0 "se distingue des galeries commerçantes classiques grâce à son maillage viaire". Mais Europacity n’en reste pas moins un lieu où seront regroupées des boutiques. Cela s’appelle un centre commercial. Ce n’est pas un gros mot.

Pour Benoît Chang, dg d’Alliages et Territoires (MO), c’est actuellement "le plus gros projet de contenu du Grand Paris". Un "projet de contenu" au modèle économique flou – ou tenu secret – et sans stratégie environnementale précise, alors qu’on s’attendrait, pour un un tel dimensionnement, que celle-ci soit élaborée bien en amont.

Europacity cristallise de nombreuses tensions. Le maître d’ouvrage marche sur des œufs et l’on saisit bien l’importance des éléments de langage dans ce cas. Des milliards d’euros sont en jeu. Certes, le Sdrif de 2013, qui a ouvert le Triangle de Gonesse à l’urbanisation, a de quoi le rassurer. Mais d’aucuns savent que les politiques d’aménagement changent. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, s’est récemment prononcé pour la "diminution de l’artificialisation des sols". Et oui, le PLU de Gonesse "a été validé par le conseil municipal,  ce qui permet la réalisation du Triangle, et donc, d’Europacity", explique Jean-Pierre Blazy, maire (PS) de la commune. Mais le document est attaquable en justice. L’édile est ravi que la focale se dirige enfin sur son territoire : "nous aussi, nous devons être un des pôles de développement du Grand Paris". La Seine-Saint-Denis aura les JO. Le Val d’Oise, Europacity.