19
mars 2019

Entre temps, le récit

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Entre ceux qui cherchent et ceux qui pratiquent - élus ou opérateurs -, entre le collec­tif, l’in­di­vi­duel, l’ins­ti­tu­tion­nel et le réflexif, les temps de la ville fluc­tuent. L’ur­ba­nisme doit pouvoir les harmo­ni­ser, en partant d’une stratégie long terme, qu’il recti­fie "en perma­nence", souligne Pauline Ouvrard ; tout en s’af­fran­chis­sant du récit poli­tique – de l’électo­ra­lisme à la vraie vision -, qui interfère dans la dyna­mique urbaine. Entre la scène et les coulisses d’un projet terri­to­rial, il y a une « fabri­ca­tion des discours », note la docto­rante qui a fait du terri­toire de Saint-Nazaire son sujet de thèse. Or, la pros­pec­tive terri­to­riale, en tant « qu’ins­tru­ment de la poli­tique publique terri­to­riale », peut créer un point de conver­gence et « mobi­li­ser les forces vives du terri­toire : l’opérateur, le poli­tique, le cher­cheur et le citoyen »

Les travaux du docto­rant Alexandre Faure sur les tempo­ra­lités poli­tique et urbaine dans le Grand Paris relèvent une conco­mi­tance, mais « pas forcément d’in­terdépendance » entre le projet et l’ins­ti­tu­tion­nel : un réseau de trans­port "comp­table" face au « flou artis­tique » de la gouver­nance. En quels points ces deux éléments se rencontrent-ils ? s’in­ter­roge le cher­cheur. Quand Nico­las Sarkozy s’est emparé publique­ment du dossier, le Grand Paris Express et la Métropole du Grand Paris ont été abordés de façon simul­tanée, si bien qu’on a cru qu’ils étaient « étroi­te­ment liés ». Or, la « déconnexion est énorme ». Ou lors des muni­ci­pales en 2014 : les favo­ris « ne parlaient jamais du Grand Paris » ; les chal­len­gers étaient « vent debout contre la métropole ».