15
novembre 2019

FPU Grand Ouest. Liverpool réaménage ses docks en mode privé-public

Projets urbains
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Avec son vaste projet urbain Liverpool Waters, autour de ses docks, présenté lors du Forum des projets urbains du Grand Ouest (FPU GO)*, le 29 mars, la cité anglaise montre une nouvelle fois ses fortes capacités de régénération. Une renaissance pilotée par le secteur privé mais avec un droit de regard très prégnant de la collectivité, au regard des enjeux locaux.

Nantes-Liverpool. Les Jaunes versus les Reds… Au-delà du football, le projet urbain constitue également un trait d’union entre les deux cités portuaires. Un projet inscrit sur un temps long, une ville qui investit un site central, en friche, un temps oublié et chargé d’une longue histoire autour de son estuaire. A certains égards, le projet urbain Liverpool Waters, présenté au 3e FPU GO, évoque celui de l’Ile de Nantes. Une différence majeure tient au mode de faire, avec un aménagement de ce territoire, de 120 ha, confié au privé. En l’occurrence, l’investisseur Peel holdings. "Pour autant, la collectivité publique n’a pas abandonné ses prérogatives", souligne Ariella Masboungi, Grand Prix de l’urbanisme 2016, animatrice des débats. Et pour cause, ce projet n’en n’est pas à sa version 1.

"Initialement, il était envisagé d’amener une sorte de Shanghai sur les bords de la Mersey", schématise à peine Peter Swift (Agence planit-ie), pilote de Liverpool Waters. Projet retoqué à la fois par la collectivité, par les habitants et par l’Unesco, également très impliquée puisque le site est en partie classé au patrimoine mondial. "L’Unesco agit dans un souci de conservation de l’héritage patrimonial, historique et tout cet imperceptible qui constitue la ville", poursuit-il. A l’image des vues et de la ligne d’horizon, "hautement protégées. C’est même un véritable challenge posé par l’Unesco".

Un lien entre le centre et la rivière

Au nord du centre-ville, le projet englobe un "espace unique composé notamment de deux cathédrales et d’universités". Il réunit cinq quartiers : Princes Docks, Central Docks, Clarence Docks, Northern Docks et King Edward Triangle. "Nous proposons un programme de réduction des infrastructures et de définition de nouveaux usages", poursuit Peter Swift. "Ce projet est destiné à faire le lien entre le centre de la ville et la rivière et en quelque sorte, à ouvrir des portes". Aujourd’hui, une grande partie du site des docks est complètement fermée au public.

Le projet se composera notamment d’un grand parc, de dix squares, de 9 000 nouvelles habitations et de 315 000 m2 de bureaux. Un centre des congrès, un nouveau terminal de paquebots – de quoi faire passer l’accueil du nombre de paquebots de 80 actuellement à 200 – sont aussi au programme. Par ailleurs, cinq immeubles de grande hauteur sont actuellement envisagés, alors que la plan-guide en prévoyait initialement sept. "Et tout cela doit se greffer autour d’éléments de patrimoine, héritages culturel importants", insiste Peter Swift, qui évoque également la place dédiée aux mobilités actives et aux aspects liés au développement durable (réseau de chaleur urbain…).

Quant à la mixité sociale, elle est envisagée à l’échelle du bâtiment. "Les programmes doivent également être mixés au niveau des fonctions", poursuit-il. "L’enjeu étant de conserver un équilibre entre les quartiers". Une problématique d’autant plus cruciale que Liverpool, comme l’a rappelé Ariella Masboungi, en préambule, "est l’une des villes les plus pauvres de Grande-Bretagne".

* Organisé par Innovapresse

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