L’AUC au 20ème Forum des projets urbains : "laisser les plans toujours ouverts"

Stratégies urbaines
Outils
TAILLE DU TEXTE

En introduction du 20ème Forum des projets urbains, le 21 juin au palais des congrès de Paris, Djamel Klouche, Caroline Poulin et François Decoster de l’AUC, Grand prix de l’urbanisme 2021, ont tracé les pistes d’un urbanisme ouvert.

"Nés avec l’apogée du projet urbain à la française", rappelle Djamel Klouche, ils sont aujourd’hui "en même temps très impliqués et très distanciés", et immergés dans "toute une génération qui travaille sans certitudes mais avec de fortes convictions et avec la prise de conscience énorme du réchauffement climatique". Leur expérience originelle en Asie (dans le cadre d’une coopération entre l’Institut d’urbanisme de Hanoi, au Vietnam, l’Apur et l’Iaurif), entre tradition planificatrice et arrivée des promoteurs, leur a permis de découvrir d’autres façons de fabriquer une ville "agile, puissante, intense, intéressante…".

Aux Courtillières à Pantin (93), en "révélant et se glissant dans le projet d’Aillaud", l’équipe a expérimenté la manière dont "le temps long de l’aménagement vient croiser notre action au quotidien", décrit Caroline Poulin. Elle compare le projet avec un serpent qui "accélère ou ralentit, tient sa ligne tout en faisant sa mue en permanence" : de quoi "rester motivés pendant vingt ans sur le même projet !". Un projet qui "s’ancre dans un territoire beaucoup plus large et en même temps se joue à la micro-échelle d’une bordure de trottoir", et qui prête une forte attention aux espaces publics.

"Nous sommes un peu étiquetés anti-Zac, anti-planification", pointe François Decoster. "Ce qui nous pose problème, c’est l’urbanisme de zones d’une certaine époque. Il faut sortir de cette notion de secteur, et les outils de l’aménagement ne doivent pas se substituer au projet. […] Les plans, nous voulons chercher à les laisser toujours ouverts, en étant capables de bifurquer, d’aborder les enjeux tels qu’ils se présentent". Les enjeux de l’existant aussi, comme lors de la consultation sur le Grand Paris, où l’équipe a soutenu que la Métropole était déjà là et qu’il fallait être "capables de la regarder, de la comprendre".

"Nous devons tous dessiner la ville post-carbone", ajoute Djamel Klouche, qui exhorte "toutes les villes et métropoles [à] se poser la question de comment elles peuvent faire". Or "elles ont tendance à sous-traiter au secteur privé la fabrique de la ville. J’appelle de mes vœux un new deal où la sphère publique reprenne la main, où les villes produisent de la pensée, portent de grandes visions systémiques et partagent des avenirs tous ensemble, avec les citoyens qui, si on leur donne à comprendre, sont de vrais acteurs".

A lire : d’autres échos du 20ème Forum des projets urbains dans le numéro de juillet-août du magazine Traits urbains.

Articles sélectionnés pour vous

CAIV - Carnet d'adresses de l'immobilier de la ville